Le vieillissement de la population représente un changement démographique important qui touchera l’Europe entière dans les années à venir et remettra la situation actuelle en cause sur bien des points et les problèmes de règlements des pensions comme ceux des dépenses de santé vont se poser de façon plus aiguë encore ; l’augmentation du nombre des personnes de plus de 50 ans et le faible taux de fécondité placeront l’Europe devant la double problématique d’une main d’œuvre vieillissante et en déclin. Face à cette population vieillissante, il faudra donc à la fois préserver des finances publiques saines, adapter le régime de santé et de retraite et décaler l‘âge du départ en retraite.


La réponse préconisée par l’Union européenne passe aussi par la notion de «vieillissement actif» : «prolongement de la vie active, départ à la retraite plus tardif et, plus progressif, la possibilité, pour les personnes âgées, d’être actives pendant leur retraite et d’entreprendre des activités renforçant leurs capacités et préservant leur santé».

Depuis une vingtaine d'années, notre pays a développé une culture du départ anticipé à la retraite.Il était temps de donner la possibilité aux seniors qui le souhaitent de continuer à travailler,tant que leur activité leur est financièrement nécessaire ou tant qu’elle leur procure du plaisir.

Le projet de loi de financement de la Sécurité sociale pour 2009, a été adopté le 4 novembre par l'Assemblée nationale. Ce texte stipule qu’à compter du 1er janvier 2010, les entreprises d'au moins 50 salariés qui n'auront pas conclu un accord ou mis en place un plan d'action relatif à l'emploi des salariés âgés seront soumises à une pénalité correspondant à 1 % des rémunérations versées durant la période correspondante.

Seront exemptées les entreprises de moins de 300 salariés couvertes par un accord de branche.

La libéralisation totale du cumul emploi - retraite devrait également donner le libre choix aux salariés et leur permettre de continuer à travailler dans leur entreprise.

Ce cumul est autorisé au 1er janvier 2010, sans restriction dès 60 ans, si les intéressés justifient d’une retraite à taux plein, et au-delà de 65 ans dans tous les cas. En revanche, la possibilité pour l’employeur de procéder à la mise à la retraite d’un salarié à 65 ans a été limitée par ce projet pour 2009. A compter du 1er janvier 2010, la mise à la retraite ne pourra intervenir qu’à partir de 65 ans, sous réserve de l’accord du salarié. A compter de 70 ans, la mise à la retraite pourra intervenir à la seule initiative de l’employeur.

En limitant le pouvoir de l’employeur dans le cadre de la mise à la retraite et en transférant la décision au salarié, l’employeur qui voudra se séparer d’un salarié devra passer par la voie du licenciement et donc pouvoir justifier d’un motif réel et sérieux de licenciement.

Aujourd’hui, à 50 ans, un employé n’est plus en fin de parcours, tout juste amorce-t-il une deuxième carrière. Son capital de savoir et son expérience acquise sur le terrain sont des biens précieux pour les entreprises. Ce capital que possède les seniors ne doit pas rester en friche mais continuer à être exploité. Pourquoi ne pas leur proposer de nouvelles façons d’envisager leur place dans l’entreprise (mission de tutorat, d’audit, de conseil,…) ? Pourquoi ne pas les envoyer en formation : il n’y a pas d’âge pour apprendre, progresser et évoluer.